Près de moi la veux retenir
Pour le frais du fond de mon cœur
Et le renouveau de ma chair
Et pour m’empêcher de vieillir

     Guillaume IX d’Aquitaine

 

 

S’en va le bon temps qu’on se donne :
Toute la clarté des Printemps
Pour y baigner sans fin mes yeux
— Et tous les pavots de l’Automne
Pour guérir du mal des adieux.

     André Hardellet

Juillet se termine
Mes amours aussi
Demain revient l’août
Le mois le plus doux
L’amour a fui
L’amoureuse eut peur
De la lumière
Sur mon visage
Elle partit
Un mercredi
Vers son destin
Il me reste
À la fin de juillet
Mes larmes
Mes souvenirs
Le vent sur la mer
Mon destin défait
Comme mon lit
Qui ne vivait que d’elle
Adieu mon amour

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Je ne suis pas près d’oublier ton sourire
Ni tes lèvres sur mes lèvres
Était-ce un rêve
Ou de notre avenir le fou rire
J’ai toujours ta main dans la mienne
Au pied du château de Vianden
J’ai beau prier le fantôme de Hugo
Tu t’en es allée et tout de go
Mon cœur bat encore et fait des siennes
Que ton présent pourtant soit doux
Même sans les baisers
Que je n’ai pu donner
Ni recevoir de tout cet août

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Au-delà des tourments
En moi calmement se déposent
Comme une lie un sédiment
Le chagrin le parfum des roses
Le souvenir au goût puissant
De notre amour apothéose
Je t’aimais considérablement
Garde en toi cette petite chose
Que parfois d’un geste en passant
Tu caresseras si tu l’oses
Rappelle-toi ton bel amant
Qui croyait aux métamorphoses
Pensait pouvoir duper le Temps
Remonter son cours telle une alose
Que le charme de nos beaux instants
Demeure à jamais dans un jardin qu’arrosent
Pour nos cœurs unis sous le firmament
De jolis bébés Éros tout roses

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L’approche de l’automne enjaunit la verdure
Le cœur malencontreux qui ne se remet pas
Tout flétri de douleur de chagrin qui perdure
M’aimait-elle ou alors ne m’aimait-elle pas

Envisager la mort la vie est bien plus dure
On peut tout oublier de ses soucis mais pas
Le grand amour enfin la peine qui s’indure
Du temps où je réglais tous mes pas sur son pas

Partie en plein été ma si belle amoureuse
Voici que doucement tombent tous les marrons
Tapissant la saison de pointes douloureuses

Les oiseaux alentour de moi se marreront
Jamais de tes amours tu ne retrouveras
Les cadeaux qu’elle mit dans tes bras dans tes draps

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Elle a pris mon cœur
Mon cadeau d’anniversaire
L’été meurt trop tôt

Je voulais ses mains
Pour m’empêcher de vieillir
Soudain c’est l’automne

Pense-t-elle à moi
Après tout ce temps passé
De l’eau sur la lune ?

Faut-il disparaître
Mon amour pas assez fort ?
Baisers disparus

Je veillais sur elle
Tous les soirs sur son sommeil
Elle adorait ça

Morte ma chérie ?
Celle que j’ai adorée
N’est plus Mais pourquoi ?

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L’Été rassemble tous ses feux
Il achève en beauté
Ce que l’Automne avait lancé de flammes
Ces deux corps de saisons se rejoignent
Et s’enlacent à jamais
Dans le soleil
Sur la floraison du temps qui passe
Qui se déroule et me dépasse
Ma bouche était en octobre un brasier
En novembre ma tête devint folle
Mon cœur battait plus rapide et plus sauvage
Qu’une course de mustang
À travers les Appalaches

J’ai le visage à présent
Décomposé
D’une peinture cubiste
Que le soleil perfore

De l’Été ne me reste
Qu’une poudre d’escampette

De l’Automne les escargots
Saupoudrent mes vieux restes
De traces bavotées

Ne plus pleurer
Je voudrais bien t’y voir
Alors que de mon désastre l’Été
Se gargarise et que l’Automne
Va tout parachever
Mon amoureuse est feue

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