Figés Fugitifs

Aujourd’hui l’Automne
Jette à terre les marrons
Je vais au travail

 

Je n’ai pas d’amis
Je n’ai que mon écriture
L’automne apparaît

Rhume de cerveau
Septembre s’écoule et fuit
« Automne malade »

 

Vent léger divin
Tu nous pousses dans le dos
Le gibbeux automne

Vos yeux m’ont souri
Septembre s’y reflétait
Et moi tout petit

 

Feuilles sur le fleuve
Petits corps de cet été
Morts de mots d’amour

Le triste équinoxe
Pèse la peine et la joie
Balance et lion

 

Dans le train d’automne
Plus mort que vif l’amour traîne
Je vomis mon cœur

Ravages d’octobre
Dans le vent tournent les femmes
Je courbe l’échine

 

Ouvrez mon destin
Ornez ses portes de bois
Précieux d’amourette

Changement des heures
On a dormi plus longtemps
Mais moins de lumière

 

Dans son lit la Meuse
Se caresse et pense à moi
Ma muse en automne

Venez sur ma bouche
Mêlons la figue et la fraise
L’automne et l’été

 

La Fête des Morts
On passe tous à côté
C’est le deux novembre

La Fête des Morts
Personne n’ose y songer
Nous lorgnons tout sein

 

Étretat l’automne
La mer veut des suicidés
Le vent son poète

Novembre débute
Mon chariot d’une main ferme
Drivé par moi seul

 

Le premier novembre
De ma nouvelle existence
Gencives sensibles

La Toussaint La pluie
Le calme couvre la terre
Je me sens puissant

 

Ma Loulou chérie
Le vent de l’automne souffle
Me remet debout

Début de novembre
Mon chariot d’une main sûre
Drivé vers la Vie

 

Couple de canards
Près du bord nage et sourit
Beau contentement

Jour des Morts Temps chaud
Les gens vêtus de printemps
Ne voient pas l’Automne

 

Madame et son chien
Sale clebs poursuit les oies
Laisse obligatoire

Mes œufs sur le plat
Trois vifs soleils en automne
Je me fais du lard

 

Fin d’un long week-end
Larmes et Normandie et
Demain travailler

La Côte d’Albâtre
Pas mal Pas mal d’albatros
Touristes atroces

 

Sagesse m’attend
Dans un lit de baisers doux
L’esprit de l’automne

Les étrons d’automne
Plus secs que ceux de l’été
Le vent déshydrate

 

Bing le verre blanc
Les vidanges à la bulle
Sbing le verre vert

Café littéraire
Wallon Ça n’en a que l’nom
Bière et pèket coulent

 

Bientôt 22 h.
Extinction des feux L’automne
Me fatigue un peu

Tomber amoureux
D’une femme plus âgée
L’automne en automne

 

Elle rit je vois
Ses seins tout fiers et sa bouche
Les fruits de l’automne

Elle désarçonne
Ma virilité Mon cœur
Me dit-elle Aimons

 

Retour de La Panne
Adoré d’une fauvesse
Le mal des ados

L’automne à la Mer
Du Nord De belles journées
L’Amour se méfie

 

La saison des moules
Est déjà bien entamée
Succulent de vivre

Lui fourrant sa chatte
Puis qui l’enfile en levrette
Pistolet deux coups

 

Revolver gicleur
Il décharge triqueballe
Tout le barillet

Se mettre au régime
Jalousie et pain rassis
Jus de mandarines

 

La Fête du roi
Mi-novembre en ce pays
Presque tous s’en foutent

Automne froidit
Hiver approche à grands pas
À baisers de bise

 

Dépenser des sous
Le poète apprend à vivre
Chère féminine

Mettre ses pneus neige
Surtout ne pas l’oublier
À coup sûr plus sûr

 

Le cœur en folie
Étrange philosophie
Perles aux oreilles

Ses boucles d’oreille
Dissimulent notre entente
Paravent d’amour

 

Le froid de l’Automne
Glace nos os de vivants
Mourons pas de suite

Passant devant moi
Passants de mon pantalon
Le Temps prend ma taille

 

Pour qui te prends-tu
Me dit-elle d’un ton vert
L’Automne prend peur

Vivre Mourir Fuir
Manger Se saouler Vomir
Délirer Limer

 

L’Amour la chandelle
Le jeu du hasard L’Automne
Me tire la langue

Les feuilles mourantes
Des trottoirs à l’agonie
La Vie ocre rouge

 

Le soleil en rue
Apaise nos corps battus
Sainte-Catherine

Sainte-Catherine
Quand tout bois reprend racine
Toute décoiffée

 

Maisons Art nouveau
Rebexho me guide vers
Le Jour et la Nuit

Dangereux Automne
Il ne faut manger chinois
Qu’avec des pincettes

 

Chaque jour splendide
Le fond de l’air m’appartient
Délicieux automne

Poisonneux Automne
Il ne faut bouffer chinoise
Qu’en bord de braguette

 

Le Café Toussaint
Non de l’Ici-gît quand j’y
Rencontre Logist

Fonçons vers l’hiver
Laissons dériver les glaces
Tronçons de nos vies

 

Grosse limousine
Blanche Mariage au Parc
Goûts de Barakîs

Tout est roux et gris
À travers grives et grilles
Vole l’air atone

 

Jalouse et jaloux
Se sont rencontrés lions
Terribles amants

Terrifiamment
S’aiment d’amour les lions
Couple de sauvages

 

Pourquoi le Malheur
Dans mes haïkus cette tache
Vite mon buvard

Tas de feuilles mortes
Jonchant les trottoirs sans fin
Serpent de Novembre

 

Des poils sur mes jambes
Rappellent le chimpanzé
Du fin fond des âges

Mon père et ma mère
Ont laissé sur la terre un
Orphique orphelin

 

Détruit par l’alcool
Mon cerveau ne pense plus
Reliquat de fête

Mes veines durcissent
Resserrement des conduites
Tout a une fin

 

Mourir sur le pot
Déféquer sa vérité
Le corps du triste homme

La femme que j’aime
M’empale l’âme et le cœur
Battant dans sa main

 

Aujourd’hui la pluie
Lessiva nos désespoirs
Plus d’un pigeon trinque

Puces de nos chiens
Puces de nos chats aussi
Ointes de sébum

 

Le doute installé
Vous perfore l’estomac
Amour assassin

Décembre Mortels
Écoutez le vent qui pleure
Vous êtes décombres

 

La saison se cambre
Décembres sont gymnastiques
Sandwich sans concombres

Tristesse des mots
Humains qui vivez après
Nous cœurs endurcis

 

Distance entre nous
Entre en nous l’indifférence
Larmes retenues

Sot saule pleureur
De chagrin tu te secoues
Sagesse du Vent

 

La fin de l’Automne
Femme détruite Homme mal
Dans sa vie en toc

Débile en automne
L’hiver te calcifiera
Crucifix si lisse

 

Rêvons à Noël
Réveillons-nous éternels
Il ne neige pas

Au bout du rouleau
Parce que je deviens vieux
Changer de papier

 

L’impossible stagne
Le possible est éphémère
Nèpe sur l’étang

La fin deux mille onze
L’amour doucement s’enfonce
L’hiver vers l’an douze

 

L’entrée au Solstice
Par l’interstice irréel
Trou noir de noël

Vendredi le Treize
De janvier ma sœur est morte
Gel à pierre fendre

 

À la mi-janvier
Un grand soleil me réchauffe
Il était grand temps

L’Hiver briseur d’âme
Tend son verglas sous nos pieds
Crampons dans les cœurs

 

Givre sur les toits
Des autos sortant matin
Chaud sous mon duvet

D’hiver animaux
Cacardent gaiement les oies
L’Art moderne a froid

 

Le givre est la grive
Au chant du merle inversé
Faute de mer : Grève !

Il pleut de nouveau
Or hier nous grelottions
Janvier double face

 

Refroidis visages
Des gens jetés dans la rue
Bise sans pitié

Vingt-quatre janvier
Tirant à hue et à dia
Mon Chariot repart

 

Vigueur éternelle
Million d’oiseaux d’or d’Arthur
Ton envol en moi

Des tracas sans fin
De l’amour la mécanique
Morose Hiver gris

 

Réveil en sursaut
Le réveil marque sept heures
Mais ouf ! c’est le soir

Nous voici glacés
L’hiver me laissera froid
Mon orgueil en poche

 

Uriner du sang
Perte d’énergie ou peur
Du bonhomme Hiver

La première neige
Ne fut ni blanche ni beige
La pureté pure

 

Les arbres vieillis
Chenus sous la neige chue
La ville livide

La fin de janvier
M’amène en un fol espoir
L’amour d’une femme

 

La fin de janvier
M’enlève en fol désespoir
L’amour de la seule

Janvier c’est foutu
Faut se faire une raison
Voici février

 

Lévrier des fièvres
Mes amours sont bissextiles
Aux calendes grecques

Mon cœur déchiré
Embrassez-moi sur la bouche
Premier février

 

Voici février
Le froid me suce la peau
L’amour ne vient pas

Février glacial
Sentiment de petitesse
Sexe rétréci

 

Demain Chandeleur
Purifié par le soleil
Les yeux grands ouverts

Igor Gehenot
Ce soir au Pelzer’s jazz club
Pourvu qu’elle y vienne

 

Je suis amoureux
De cette jeune femme Ô
Près de son frigo

Complètement fou
De cette belle dame Ô
Chaleur de sa chair

 

La vie est là-bas
Un point de lumière au loin
Deux de février

Février fatigue
Je lis Cesare Pavese
La nuit me ressemble

 

Lez un frigidaire
Dévêtu je m’enracine
Chaleur de l’hiver

Fin du premier jour
Du mois des fébrilités
Il gèle à moins huit

 

Minuit va sonner
Triste sur mon oreiller
Aider mon eider

Février des lèvres
Me chuchotent à l’oreille
Des éclats de rime

 

Je vis et je gerbe
Coule en des bérézinas
Un poète en herbe

La gueule en ébène
La bouche en papier mâché
Samedi matin

 

Mes amours m’étreignent
Percent mon vendredi soir
Mes amours m’éreintent

Stan Getz au saxo
Épouvantable bourdon
Her under my skin

 

Février le onze
Sous ce beau soleil d’hiver
Mon âme si grise

Mangeons chez Salem
Buvons-y du bon vin gris
Couleur de mon âme

 

De ma gentillesse
Beaucoup s’en lavent les mains
Ma baignoire est vide

La bonne tartine
De rouge aux fruits confiture
Colmater les brèches

 

Bruits de pétarade
J’écris le cul sur le pot
Douce poésie

La lune bien pleine
Le soleil l’a mise en cloque
Elle meurt en couches

 

Dérive des glaces
La Dérivationskaia
Soleil crépitant

Resterons-nous jeunes
Après la mort de l’Amour
Se taire Et Lester

 

J’ai tout d’un vieux con
Bête et borné Par le Sort
Conspué puant

Douze février
En cet an deux mille douze
Cœur paralysé

 

Faut-il être triste
Pour baiser la Poésie
C’est la mort dans l’âme

Tout le monde a froid
Mais certains plus que les autres
Ils crèvent de froid

 

Mon appart chauffé
Les pieds dans mes espadrilles
Le clodo gelé

La Saint-Valentin
Il a plu ne gèle plus
Nos cœurs ont fondu

 

Les mouflets d’amour
Axel et Laura Elsa
Printemps en avance

Je vais divorcer
Quel est le sens de la vie
Soleil solitude

 

La femme est stupide
Elle ne m’écoute pas
La lune est frigide

Arrêter d’écrire
Puisqu’on ne peut se soûler
Saison du lyrisme

 

Le corps humain croule
Dans la morosité rouge
De son hiver gris

Ma fenêtre est sale
Barbouillée à l’hiver brun
On ne voit rien Rien

 

À travers la vitre
De Natsumé Sôseki
Quand je suis malade

Plus qu’un mois d’hiver
Et bientôt nous irons voir
La mare aux grenouilles

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