J’ay ung arbre de la plante d’amours
Enraciné en mon cuer proprement,
Qui ne porte fruits, sinon de doulours,
Fueilles d’ennuy et flours d’encombrement,
Mais, puisqu’il fut planté premièrement,
Il est creü, de racine et de branche,
Que son umbre, qui me porte nuisance,
Fait au dessoubs toute joye seichier,
Et si ne puis, pour toute ma puissance,
Autre y planter, ne celuy arrachier.

                              Alain Chartier

CHANDELOURS

Mon amour je t’attends pour la Chandeleur
Dans trois jours tu vivras entre mes bras
La fête de la lumière des chandelles ou de l’ours
Et de la Purification
Sortirons-nous de l’ombre
Irons-nous de la sorte à travers la pénombre
Fiers et respectueux de nous-mêmes
Devant le Temple de la Vérité
Présenterons-nous cet enfant-dieu
Né de nous deux dans l’anonymat
Quarante jours après Noël
Quand le beau temps se met à vouloir revenir
Que déjà les pâquerettes parsèment les gazons
Pour d’étonnantes lupercales
Voici que le soleil sur nous grossit sa crêpe
Voici de nos fièvres à deux
Le deux de février
Du pays des Mesquins nous avons quitté
Les champs de leurre
Notre grande flamme ne s’éteindra pas de sitôt
Notre amour vient d’accoucher de l’amour
Voici ses relevailles
Reprenons feu éclairons notre avenir
Sur le chemin depuis la Chandeleur

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CELA NE PASSE PAS

Sans toi
Le temps ne veut plus passer
Les passants dans la rue ne veulent plus passer
Le café ne veut plus passer le matin
Le matin lui-même ne passe plus
Ni le jour ni le soir ni la nuit sans toi
Les films au cinéma ne passent plus
L’hiver ne passe pas au printemps
La Meuse ne passe plus par Liège
La Vesdre est prise au piège
Personne n’ose passer les Bornes de Sort
Les mauvais quarts d’heure ne passent pas
Les anges ne passent pas
Sans toi
Rien ne passe
Je veux que tu passes mon seuil
Que tu me passes les bras autour du cou
Que tu me passes à l’étamine de ton amour
Que tu me passes la limite d’âge
Mon amour pour toi passe l’entendement
Mais il ne passera jamais
Ses couleurs ne passeront pas
Même si je passe pour un idiot
Jamais je ne veux me passer de toi
Pour toi je me surpasserai mon amour

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MERCREDI 17H

En face de chez moi devant ma fenêtre
Se rassemblent pour te saluer ô ma chérie
Mon amour pour te chanter et te porter aux nues
Tous ces petits amis charmants d’avant la nuit qui vient

La fauvette babillarde
Le troglodyte mignon
Le geai cajoleur
Le merle turbulent
Le ramier rond et replet
La mésange bleue sautillante
La mésange charbonnière piailleuse
Le pic qui pique et coud les coudriers
Le rouge-gorge qui me rappelle la tienne ô mon amour
La corneille exaspérante
Et la pie agaçante
Le roitelet huppé qui régule les heures du jour

Dans ce monde d’en face
Tous me disent « Mais Vincent, tu l’aimes ! »
Et je leur réponds du bout du bec :
Mon amoureuse va revenir vendredi soir
À tire-d’aile
D’Elle vous m’en direz des nouvelles
Elle c’est mon oiseau rare de beaucoup la plus belle
Mon cygne au beau cou blanc mon oiseau de paradis

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CÉLÉBRATION DE TON CORPS

Je caresse tes cils entre mes lèvres
Nos nuits me semblent devenues de velours
Je baisote ton front à la racine de tes cheveux
Nos nuits et nos jours se fondent dans tes yeux
Je passe mes doigts sur les pommes reinettes roses de tes pommettes
Nos nuits s’ouvrent sur des vergers aux fruits juteux
Je me perds dans ta bouche et tu suces ma lèvre inférieure
Nos nuits surpassent tous les fantasmes érotiques
Je hume ta peau et la lèche tout le long de ton cou
Nos nuits seront blanches d’un amour purifiant
Je te masse la nuque et le haut du dos
Nos nuits ont des langueurs et des chaleurs torrides
Je me rends avec la langue à tous ces endroits de toi où
Nos nuits font naître la source de ton plaisir répété
Je jouis de ta jouissance en nos corps indissociables
Nos nuits et nos jours nous entendent rugir et crier
Je ne quitte pas ton corps que je veux encore caresser
Nos nuits savent que nous dormons chaque nuit enlacés

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7 HAÏKUS, LES À-COUPS DU MANQUE DE TOI

Le mercredi soir
Rose rouge sur la table
Mon cœur bat pour toi

Le mercredi soir
Mon bel amour que fais-tu
Rêves-tu de moi

Le mercredi soir
Un peu tristounet sans toi
Je vais au dodo

Le mercredi soir
Il fait si froid dans la rue
Besoin fort de toi

Le mercredi soir
Tu ne dors pas dans mon lit
Vite vendredi !

Le mercredi soir
Mon amour ô mon amour
Dormir avec toi

Le mercredi soir
Je veux toute ta tendresse
La vie avec toi

07/02/2018

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FRIMAS

Le mois de février le mois du froid
Ma chérie as-tu pensé à moi
As-tu de nous deux vu le prestigieux soleil pointer le bout du nez
Ce matin dans la lumière magique
D’un grand huit de février
La grande roue du soleil-paon
Qui criait son noël à l’envers
Il n’y a que six jours depuis les crêpes chaudes
Cinq depuis que le sirop coula des crêpes froides
Mon ange je te revois tout embarrassée
Et si charmante
Tu fais de notre lit un lieu de délices
Et de divertissements pour nous de rires qui nous éclaboussent
Parmi toutes les taches et toutes les mies ô ma mie enchanteresse
Toi qui me tends ton morceau de galette
Il y a un mois de cela avec ce visage d’ange
Auquel je ne peux résister
Tu es le soleil dans ma chambre qui ne se lève pas
Tant mieux reste à te coucher
Et que la nuit recommence pour notre amour
Même en plein jour
Puisque tu es là près de moi
Dors mon amour
Je rallume le feu
Tu auras chaud
Le mois de février sera moins froid
Avec toi sous les draps

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Grâce à toi j’ai rêvé, retrouvé ces moments
Que l’amour vrai nous offre, un pays d’innocence
Où tu me tiens la main, fais de moi un homme en
M’emmenant tout là-bas, exaltés tous nos sens.

C’est si bon de vivre
Qui peut nous en empêcher
Nous nous aimons fort

J’ai grimpé au mur
C’est bien toi qui as fait ça
Il n’y a que toi

Ma tendre chérie
Je veille sur ton sommeil
Ta nuit sera douce

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NOTRE AMOUR TROUVÉ

Le jour de la Saint-Valentin
Je place un petit Cupidon dans ton sac à main
Il s’y cachera avec son frère Antéros
Dès que tu prendras un rocher Ferrero
Ils t’enverront tous deux leurs flèches
Et tu m’aimeras davantage encore
Et cet amour sera notre amour réciproque
Partagé et communié à nous deux
Le Temps va lentement à la Saint-Valentin
Je suis au martyre en songeant à tes seins
Si beaux si deux si doux si merveilleux
Je n’en puis plus d’amour à la Saint-Valentin
Ce n’est que mercredi
Que vienne vendredi le jour de Vénus
Elle reprendra ses rejetons dans son nid
Je reprendrai tes jeunes tétons dans ma bouche
Saint-Valentin sera derrière nous
Enfin
Vénus est attendue en espadrilles vendredi
Et non pas en sabots
Vénus a des succulences de cyprine
Je suce tour à tour le bonbon rose et l’abricot
J’attends le vendredi
Et le ventre si affermi
De mon amour qui m’aime
Qui me sent irradier en son corps
Nous sommes divinement érotisés
Ma blonde déesse m’inonde
Elle me trempe d’elle-même
De la saveur de son amour

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