MISE EN GARDE, EN GUISE D’AVANT-PROPOS

   L’amour, dans la vie du poète, est une de ses principales nourritures terrestres.
   Le monde prend alors ses justes proportions. Il devient gigantesque. Vous-même devenez immense et fier.
   Pour survivre, vous n’avez besoin de guère plus qu’un simple verre d’eau fraîche, car l’amour suffit à l’amour, pour reprendre les paroles d’un célèbre poète libanais.
   Vous qui êtes un grand lyrique, qui vous créez poète courtois, qui brandissez dignement le brassard aux couleurs de votre belle, vous marchez sur un nuage, un beau, un merveilleux nuage…
   Rien ne vous arrête ! Vous goûtez aux délices de la chair de votre amoureuse, aux paradis enfin atteints du plaisir sans commune mesure, sans limites : vous êtes à l’image des dieux !
   Vous vivez dans l’ailleurs et c’est très bien ainsi.
   Vous coulez des jours heureux et brûlez vos nuits au brasier de votre incessante vigueur.
   Vous donnez tout à ce bel ange descendu des cieux. Vous n’avez plus rien à vous. Tout est pour elle. Vous n’êtes presque plus, tout en étant le plus éthéré des poètes.

   Et voici qu’un beau jour, de préférence sous le beau soleil d’été, elle vous quitte pour toujours, vous qui n’existiez que dans un songe.
   Vous voilà rendu à la réalité ! Tout cela était vrai et tout cela était faux. Tout à la fois.
   Félicitez-vous d’avoir vécu plus qu’il n’est donné au commun des mortels ; mais n’oubliez surtout pas de rendre à cette femme super chérie la supercherie de vous en avoir fait accroire, en vous maintenant à l’ombre.
   Elle fut votre reine et ne l’accepta pas.
   Elle préféra le mensonge à votre vérité.
   Vous fûtes fou, et elle vous étouffa en vous refusant la lumière qui pût baigner vos âmes.

   Lisez ces textes, c’est ce qu’il y a de plus beau d’un si bel amour illusoire, vécu dans une bulle de rêve, à deux.

   Ne pensez pas à l’amour faux ; quelque part l’amour existe, il est vrai !
   Dans ce récit, j’en suis le seul créateur.

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J’ai reçu de vous l’aumône de mes jours
La grâce trop pleine de l’absence
Je me disperse dans le vide
Non loin des glaciers de la solitude
L’échafaudage de mes nuits s’écroule
Les soleils sombrent à l’horizon
On peut apercevoir au loin qui disparaît
La fumée fugace d’un grand transatlantique
C’est le surligneur de ma mémoire
Qu’attend dans l’éternité glaciale
L’iceberg assassin de votre distance
Entre nous l’océan m’absorbe
Je coule lentement tel un noyé pensif
Avec au bout des lèvres
Le furtif poisson pilote de vos baisers
La lumière de votre sourire s’efface
J’aurai reçu de vous l’obole de mes jours

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Rêve d’El Kantaoui

La vapeur d’alcool de la boukha
Le Temps qui passe et qui s’envole
Des chutes d’objets interstellaires
L’apparition de phénomènes blonds près du Bardo
Il pleut quelques douceurs de la Soukra
Des sons de sacqueboute de Carthage
Je rêve de figuerie où s’entrouvre votre fruit défendu
La vie m’attrape par le col
Mes cheveux de grand bouc rebiquent follement
Je dois avoir vingt ans à vue de nez
La senteur de votre corps m’obsède
La Tunisie me suinte par les pores
Donnez-moi vos tétins comme on suce une olive
Je m’enivrerai de vous jusqu’à perdre conscience
Jusqu’au bout de la boukha de votre bouche

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Elle est tout près de moi la Terre a basculé
Sur son axe et je tourne à n’y plus rien comprendre
Entre ciel et enfer rêves émasculés
Liberté retrouvée et cœur perdu mais tendre

J’aime cette beauté même s’il ne faut pas
Mais qu’est-ce que l’amour sinon risquer tout perdre
Le suc des paradis jaillit sous nos faux pas
Et nous mourrons c’est vrai mais plutôt tard quoi, merdre !

Son cœur bat lentement madame est très sportive
Et sérieuse en fait même avec son amant
De vivre j’ai envie autant qu’on ne m’en prive
Pas Je dois l’embrasser non plus innocemment

Ma vie a pris le large et je vogue et je pense
À cette femme jeune aux yeux noisette et verts
Pour l’instant je ne veux qu’elle et l’amour intense
Après nous verrons bien l’avers et le revers

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Nuit majestueuse où je la pense entre mes bras
Nuit resplendissante ô Nuit couche-la près de moi
Sous mes caresses sous mes reins sur mon amour
Nuit d’un automne roux éperdu dans ses pupilles
Mon âme est un fagot ligoté brûlant pour elle seule
À l’évocation de sa présence la nuit s’essouffle
Et je fais soudain pitié au monde qui m’entoure
Je sombre dans l’immense mer de mon désespoir
Je coule à fond je ne suis plus rien je m’anéantis
Si son regard ne me réchauffe pas ni ne me ressort de l’abysse
Nuit
Arrête-toi près de moi
Mets son baiser sur mes lèvres
Et ses cheveux sur le vent de mes poèmes
Fais d’elle ma source de jouvence
Nuit
Mets-la dans mes bras qui se referment
Sur l’espérance d’elle et le présent de son corps actuel
Nuit
Qu’elle m’aime
Et je n’en demande pas plus

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ELLE

J’aurai vécu les jours d’épiphanie
Les nuits où les fleurs se fanent à l’infini
Les nuits hantées d’épines et de théophanie
Les phantasmes ahanés dans l’ennui
Les cénotaphes en panne de santé
Les éléphantes patinées de sanie
Tu resteras hiérophante femme
Ma fantaisie époustouflante
Mon espérée phanérogame
Ma pharamineuse Penthésilée

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Tu es la merveille de mes jours
Je suis né par toi sous le ciel d’automne
Ton enfant ton amant ta progéniture
Toi le soleil qui fais pousser ma nature morte
Et crées en moi un Maurice de Vlaminck
Resplendissant de tous ses feux
Je ne pourrai jamais t’écrire te décrire
Même si mes vers passaient au travers des siècles
Tu ne serais qu’à moi seul dans ce moment
Où je respire
Comme quand on se noie on revient à l’air libre Toi
C’est toi c’est ta bouche qui me remplit de vie et de joie
Ta beauté unique emplit l’espace et le métamorphose
Ainsi qu’il se passe chez ceux qui connaissent les choses
Tu m’as sauvé la vie et rendu ma jeunesse
Jamais de toi ne s’éteindront les feux
Que jalousement toujours je rallumerai
Pour célébrer ta grandeur et ton âme
Mon cœur ta bouche nos envies nos vies impossibles

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Entre mes doigts tes cheveux
L’or qui m’enrichit de toi
Tes yeux me prirent par surprise
Éclat redoublant tes éclats de rire
Sur tes lèvres ma bouche a connu
Le velours des pétales de rose
Et ton parfum n’avait pas le choix
Il ne se répandit qu’en moi
Je vis ton visage et je vis à présent
Calmé de te savoir unique et ma tendresse

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Comment te livrer ma joie de toi de chaque instant
Pourras-tu me voir ainsi que je le suis
Cet homme simple et doux ce chenapan des muses
Ce renégat des bienséances
Cet individu sans foi ni loi qui t’aime
À ne plus savoir où donner de la tête
À ne savoir que toi
À ne vouloir que toi
Prends-moi sans limite et dans la beauté des mots
Dans nos silences partagés
Dans le temps qui pour nous deux consent à stopper net
Et à nous enlacer à nous bénir et nous conjuguer
Tu n’auras plus peur de découvrir ton cœur
Il est sous ma protection il ne risque rien
Si tu me crois quand je te dis ma joie de toi
De chaque instant Reste près de moi
Je me livre à toi
Et le monde devient beau
Le monde c’est toi mon enchanteresse

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